06 mai 2017

Pygmalion et le foulard, un film de Pierre Bouron

Le court-métrage de Pierre Bouron est désormais en ligne !

Réalisé à l'été 2016 par une très petite équipe, il s'agit de la première fiction de Pierre Bouron.

Sujet audacieux pour un premier essai, avec un seul comédien (Joel Merienne, non-professionnel mais artiste sculpteur dont le récit s'inspire), dans des conditions d'autoproduction très modestes. C'est aussi l'occasion de tenter l'aventure de la réalisation sans disposer de moyens de production, mais avec l'envie forte de se réunir autour d'un projet.

Le film va tenter la diffusion en festivals, nous lui souhaitons un beau succès!

 

 
02 mai 2017

Projection mardi 9 mai 2017

A 20h30 à l'Atelier des Arts Vivants à Changé seront projetés trois films soutenus par Atmosphères Production, et diffusés par l'APCVC  :

- " A la Chasse" d'Akihiro Hata, résident 2015.

- "Pygmalion et le foulard" de Pierre Bouron, administrateur d'Atmosphères Production

- "Guy Joussemet, infatigable voyageur et collectionneur" de Yann Guibert, vice-président d'Atmosphères Production.

C'est l'occasion de découvrir trois films différents, de par leur traitement, leur sujet et leur mode de production.

Prix de la séance : 3 euros

 
20 fév 2017

"N'importe Qui" entretien avec François Bégaudeau

 «Êtes-vous bien représentés ? »est une question récurrente posée aux intervenants de ce documentaire

François Bégaudeau : Plus précisément : « est-ce que vous vous sentez représentés ? ». J’ai pratiquement ouvert toutes les discussions avec cette question un peu brute. C’était une amorce, plus qu’une fin en soi, car au fond la question de la représentation est secondaire. L’idée est d’en arriver, par ce déclencheur, à la question démocratique. En privilégiant  l’exploration concrète de l’expérience de mes interlocuteurs. L’un s’est présenté sur une liste municipale, l’autre anime des ateliers de concertation, un autre est président de la Maison de l’Europe, un autre est étudiant, etc. Je les fais tous parler depuis leurs positions singulières.

Pendant ces dialogues, vous avez choisi d’être dans le plan.

FB : C’est précisément une façon de signifier qu’il ne s’agit pas d’entretiens mais de dialogues. Je me laisse la possibilité de réagir, d’objecter, de prolonger une réflexion du vis-à-vis, comme on le fait dans un dialogue, un logos à deux. C’est beaucoup plus vivant, et surtout, je crois, beaucoup plus conforme à l’humeur démocratique, qui postule l’égalité des interlocuteurs. Chacun est, au pied de la lettre, mis sur le même plan. Il était hors de question pour moi de reconduire ce drôle de dispositif de l’intervieweur invisible, qui parle depuis un non-lieu, voix de personne ou de Dieu qui s’exclut du cercle des égaux, et laisse entendre qu’il occupe un point neutre. La base de la la démocratie, c’est qu’il n’y pas de point neutre, pas de point objectif, pas de point expert. Nous sommes tous embarqués, donc je m’embarque dans le film.

Comment avez-vous choisi/trouvéles « personnages » ?

FB : Ce film est venu d’une idée d’Antoine Glémain, le producteur. Lequel officie en Mayenne. Il y avait donc déjà cette délimitation territoriale, et j’aime assez l’idée, j’aime bien qu’un film, comme chez Rohmer, soit d’abord balisé par un lieu. Ensuite j’ai dit aux gens de l’équipe qui habitent dans le coin: ramenez-moi n’importe qui. Je ne voulais surtout pas entrer dans une logique de panel : un noir, une retraitée, un agriculteur, un homosexuel, etc. Même si cette logique revient au galop au montage, où on se voit créer des équilibres. Mais vraiment l’idée était de parler avec n’importe qui. Avec quiconque le désirerait. Le désir me semble un très bon critère de sélection.

Y compris avec le premier venu, sur le marché.

FB : Oui, on s’est dit qu’on allait tenter la démocratie version JT, c’est à dire le micro-trottoir. Qui a produit ce qu’il produit au JT :  n’importe quoi. On en a fait l’ouverture du film, en le tirant vers la comédie. Le micro-trottoir, c’est pas sérieux. Ca fait quarante ans qu’on le dit, et quarante ans que ça dure.

Il y a des scènes qui semblent plus écrites.

FB : C’est une hybridation qu’on s’est beaucoup autorisé avec mes amis du collectif Othon, notamment dans Conte de Cergy, après bien d’autres documentaristes. Pour moi l’injection de fiction dans un documentaire est naturelle. Ici c’est parti de l’envie de faire quelque chose avec deux de mes interlocuteurs, qui m’avaient beaucoup amusé, et que je savais capables de tenir un texte. C’est comme ça qu’ont surgi l’idée du cavalier et celle du premier ministre.

Il ressort de tous ces échanges une certaine perplexitésur l’état de la démocratie. A commencer par la vôtre.

FB : Pour ce qui me concerne, la cause est presque entendue : il y a une antinomie entre le régime représentatif où nous vivons et l’idée démocratique. Et puis un régime pensé pour ne faire jamais advenir au pouvoir des gens des classes populaires, son compte démocratique est réglé. Mes interlocuteurs sont parfois tout aussi radicaux sur le constat, et en même temps la plupart continuent à jouer ce jeu, ce qui ne laisse pas de m’étonner. En gros : le vote est biaisé et ne sert à rien, mais on vote. Cela dit le film essaie de ne pas s’en tenir là, et de prendre le sujet par des angles plus précis, liée à des expériences subjectives :  avec l’un on parlera de la démocratie à l’échelle européenne, avec un chevrier de sa lutte solitaire contre l’usine chimique qui a pollué ses terres, avec un chargé d’affaires de la démocratie en entreprise, avec un élu FN de sa vision du peuple, avec une autre du « collaboratif », etc.

Et quelques solutions sont abordées

FB : Des solutions, non. Le film n’a pas cette vocation. A la rigueur, en y repensant, je me dis que je cherche plutôt l’aporie, c’est à dire l’impasse intellectuelle. Par exemple avec la sénatrice, je tâche de mettre au jour les contradictions entre ses intentions démocratiques et le système représentatif auquel elle demeure attachée. Une impasse apparaît. Et donc la nécessité d’inventer autre chose. C’est mon coté Socrate de Laval.

Cet « autre chose »est peut-être figurépar la scène finale, avec ces enfants qui délibèrent entre eux.

FB : Mon idée ici n’est pas : l’avenir est entre leurs mains. Mais de filmer une situation proto-démocratique : des gens discutent entre eux, en organisant le dispositif de parole. Il se trouve que ces gens ont entre 5 et 10 ans, ce qui accentue le coté quintessence de démocratie. Mais ce qui m’’intéresse c’est le geste premier de la démocratie mis à nu : ça discute. Ça pense à plusieurs voix.

Et les animaux cest encore un stade encore plus primitif de la démocratie, non?

FB : Les animaux sont d’abord mes amis. Et les meilleurs amis du cinéma. Il n’y a pas figure plus charismatique qu’un animal. Donc j’en glisse dès que je peux. Zola disait : jamais un jour sans une ligne. Je dis : jamais un film sans animaux. Ça tombe bien, la Mayenne est un département rural, il y reste quelques bêtes. Plus beaucoup, à vrai dire, comme partout en France. Mais parfois, sur le bord d’une route, on trouve un âne, et c’est une grâce.

 Vous diriez que cest un film militant ?

FB : Un film politique. Pour une part les deux termes s’opposent, en tout cas sur le plan du cinéma. Le cinéma militant sait ce qu’il veut dire, le cinéma politique met en œuvre le questionnement. Mais je crois qu’un documentaire digne de ce nom -celui là en est-il digne?- est toujours politique, parce qu’il remet au centre le réel. Qui devrait être l’objet exclusif de la réflexion et de l’attention politique. Ça ne devrait être que ça la politique : quelle est la situation et que pouvons-nous faire ? Comment vivent les gens et comment pourraient-ils vivre mieux ? Or nous remarquons que 90 % du commentaire politique n'est pas du tout concerné par le réel. C’est un bien étrange renversement.

Le film sort en pleine campagne présidentielle, cest un hasard ?

FB : Autant que le hasard existe. La façon dont on se parle dans Nimporte qui est tellement à rebours de la rhétorique présidentielle. Ce sont vraiment deux espaces hermétiques l’un à l’autre. A un moment, une mère est avec son bébé devant la télé où sont annoncés les scores du FN aux Régionales de 2015. Elle n’a pas un regard pour l’écran.

 
19 fév 2017

"N'importe Qui", propos du producteur

Le film documentaire N’importe qui a été réalisé en 2015-2016 dans le cadre d’une résidence de François Bégaudeau en Mayenne, à l’invitation de l’association Atmosphères Production.

La résidence s’est organisée autour d’un cycle de 6 rencontres au cinéma Le Vox de Mayenne, sur le thème « Cinéma et démocratie ». 2 de ces rencontres sont intervenues lors de conférences avec des extraits de films, sélectionnés et commentés par François Bégaudeau. 3 autres ont eu lieu avec des films choisis par les spectateurs du Vox dans une liste plus large qui avait été soumise à leurs suffrages : L’Arbre, le maire et la médiathèque d’Eric Rohmer, Snowpiercer, le transperceneige de Bong Joon-ho et On est en démocratie   du collectif Othon. Les séances consacrées à ces 3 films ont été co-animées par François Bégaudeau et des citoyens volontaires, qui ne s’étaient jamais prêtés jusqu’alors à l’exercice, en l’occurrence un élu local, un étudiant et une architecte. La dernière rencontre, le 30 avril 2016, a permis au public du Vox de découvrir le film N’importe qui, réalisé par François Bégaudeau en Mayenne le temps de sa résidence.

N’importe qui a été tourné sur une période de 4 mois (octobre 2015-janvier 2016) avec une équipe très légère de techniciens image et son d’Atmosphères Production. Il s’est structuré autour d’une trentaine d’entretiens, avec des personnes toutes volontaires, d’origines et de convictions diverses mais sans souci particulier de panel sociologique. La question de départ était invariablement « Vous sentez-vous bien représentés ? » et les entretiens se développaient ensuite librement dans la durée (au moins une demi-heure) avec François Bégaudeau. Le réalisateur était toujours présent lui-même à l’image, dans une situation d’interlocution, sans effets de champ/contre-champ. Une petite caméra était mise à la disposition des personnes interrogées pour qu’elles filment elles-mêmes une minute de leur choix. Quelques autres séquences ont été tournées sur place dans la même période : micro-trottoirs sur le marché de Mayenne, saynètes écrites par François Bégaudeau et jouées avec la complicité de deux des interviewés. Le montage a été ensuite effectué par Olivier Jacquin, le mixage par Thomas Fourel, sous la supervision de François Bégaudeau, et le film était prêt pour la clôture du cycle « Cinéma et démocratie » à Mayenne.

Le film a été montré en juin 2016 à des exploitants de salles de cinéma de l’Ouest de la France lors d’une journée de prévisionnement professionnel organisée à Segré, dans le Maine-et-Loire, par l’Association française des cinémas Art et Essai (AFCAE) et l’Association des cinémas de l’ouest pour la recherche (ACOR). Il a ensuite été présenté en salles au public, avec le soutien de l’ACOR, au Quai des Images à Loudéac, dans les Côtes d’Armor, en novembre 2016, et aux 400 Coups à Angers, dans le cadre du Festival Premiers Plans, en janvier 2017.

Au vu des premières réactions des professionnels et du public et après avoir constaté que la présentation du film en salle favorisait des échanges et des confrontations de points de vue sur la question brûlante de la démocratie, nous avons décidé d’en assurer nous-mêmes la distribution dans les salles de cinéma. Nous sommes en train de préparer aussi l’édition d’un DVD, qui comprendra de substantiels compléments.

Antoine Glémain

 

 
12 fév 2017

"N'importe Qui" en sortie nationale

Le film "N'importe Qui" de François Bégaudeau sortira en salles le 22 mars 2017.